Carion Minéraux

La chasse aux météorites

Au début des années 1990, quelques rares personnes sont parties dans les déserts chauds à la « chasse aux météorites ». J'ai eu la chance, avec mon fils Louis, de faire partie de ces pionniers.

Il s'agissait d'une nouvelle ruée vers l'or, exercice tentant mais peu aisé : la recherche de ces pierres tombées du ciel nécessitant des moyens, une réelle pratique du terrain désertique, une bonne dose de persévérance et une certaine connaissance de ces objets extraterrestres.

Pendant une douzaine d'années nous avons eu la chance de faire des voyages extraordinaires, en autonomie complète entre quinze jours et trois semaines, dans des régions désertiques très inaccessibles à l'époque.

Durant notre premier voyage, notre guide n'avait pour nous emmener, et nous ramener (à près de 500 km à vol d'oiseau du premier point d'eau et d'essence) qu'une boussole et une vieille carte anglaise plastifiée datant de la guerre 39-45...

L'année suivante, il avait un énorme GPS (de la taille d'un écran d'ordinateur) qui donnait une position à plusieurs centaines de mètres près. Puis, l'année d'après, un téléphone satellite à 500 francs/minute (80€/minute) : « si on a un problème, on est ruiné mais vivant », s'amusait-il à dire !

Grâce à ces expéditions, nous avons découvert un peu plus d'une centaine de nouvelles météorites. Du caillou solitaire à la chute multiple de plusieurs dizaines de morceaux !

Le marquis de Mauroy écrivit au début du XXe siècle un manuel à l'usage des missionnaires et explorateurs afin de leur apprendre comment reconnaître une météorite. Parmi ses premiers conseils, il suggérait de faire une visite dans un musée ou une institution conservant ces objets afin de se familiariser avec eux.

Le conseil reste toujours d'actualité et je ne peux qu'encourager les futurs chasseurs de météorites à visiter un musée ou un planétarium où ils pourront voir et peut-être toucher ces fameux « cailloux de l'espace ». Comme l'antiquaire souvent incapable d'expliquer rapidement pourquoi le siège Louis XV qu'il vous montre est authentique et non une copie, un chasseur de météorites confirmé ne pourra pas vous transmettre en quelques mots un apprentissage de plusieurs années.

Le témoignage humain reste fragile. Nous avons recueilli pendant des années entre 50 et 100 témoignages par semaine sur des objets soi-disant extraterrestres. Mon fils a fait une statistique : 1 cas sur 10 000 est une vraie météorite.

ATTENTION: NOUS NE FAISONS PLUS D'EXPERTISE POUR LES GENS QUI PENSENT AVOIR TROUVE UNE METEORITE

Chasseurs et scientifiques cohabitent dans un besoin réciproque : les premiers pour les trouver, les seconds pour les authentifier et leur conférer, de facto, une valeur marchande.

Nous sommes depuis les années 1990 au cœur de l'activité météorites. Cela nous a permis de reconnaître ou de retrouver quelques météorites exceptionnelles : Chitenay, Mont Dieu, Alby sur Cheran, St Ouen en Champagne, St Aubin, Tuan Tuc, Tafassasset, Draveil, etc.

N'hésitez pas à aller consulter notre page "Comment reconnaître une météorite ?" pour vous aider à authentifier un objet bizarre.

Si vous partez à la chasse aux météorites, n'oubliez pas d'emporter un aimant. En effet, 92% des météorites contiennent un mélange de fer / nickel et réagissent avec l'aimant.

Mais attention ! Beaucoup d'objets bien terrestres, eux aussi, peuvent retenir l'aimant. Et les météorites les plus rares ne tiennent pas l'aimant... Sinon ça serait trop facile... !! :)

Le gros avantage de la chasse aux météorites est que l'on peut en trouver absolument n'importe où ! (contrairement aux minéraux et aux fossiles).

En effet la probabilité de chute est la même pour tous les points du globe. Elles se trouvent plus facilement dans les déserts de sable et de glace car elles se voient mieux et se conservent mieux.

Malgré tout, il est possible d'en trouver aussi en France (79 chutes à ce jour !). Même si la France ne se prête malheureusement pas à la recherche de météorites. Les endroits avec de la végétation, les champs cultivés et les forêts sont pratiquement inexploitables.

Par contre sur le bord d'un chemin, sur la plage, dans un toit ou une gouttière, dans un muret ou même une rigole, un parking, une route ou toute autre surface bitumée, tout est possible... Il suffit d'avoir l'œil averti et une bonne fortune ! (si vous avez une potion de "Felix Felicis", il est temps de la boire ^^).

Et si vous partez à la chasse aux météorites, rappelez-vous que comme au Loto, 100% des gagnants ont tenté leur chance ! Bonne chance !


Nos photos d'expéditions

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Découverte d'une météorite par Alain Carion
Prise de coordonnées GPS d'une météorite, au milieu de nulle part, par Alain et Louis Carion
Découverte d'une météorite par Louis Carion
Le Désert Blanc encore « vierge » de touristes en 1990 à côté de l'oasis de Farafra
Ces dunes du Désert Libyque s'étendent parfois sur des centaines de kilomètres
Louis Carion devant le plus beau cratère, peut-être météoritique, d'un « champ de cratères » au sud de l'Égypte
Alain Carion et Robert Haag essayant le vélo, sans succès, pour chasser les météorites
Alain Carion teste un détecteur de métaux sur un « nid » de chondrites
Louis Carion collecte la météorite GSS019 (chondrite LL6)
Découverte de notre première météorite par Louis Carion. La première sur plus d'une centaine de chutes en 12 ans !
Cartes, boussole, GPS et directions. Le plus important dans le désert ? L'essence !
Louis Carion découvrant la plus grande fulgurite du Désert Libyque (65 cm)
Immensité de ces dunes du Désert Libyque qui s'étendent parfois sur des centaines de kilomètres
Départ avant le lever de soleil pour la chasse aux météorites dans la brume du matin
Superbe coucher de soleil sur les dunes du Désert Libyque appelées « dos de baleine »
Le « Désert noir », trouver une météorite ici : chercher une épingle dans une botte d'épingles !
Impactite « Verre Libyque » posée sur les « paléosols » du Désert Libyque
Le Désert Blanc encore « vierge » de touristes en 1990 à côté de l'oasis de Farafra
Passage obligé pour tout voyageur du désert avec véhicule : le « désensablage »...
Louis Carion en 2003 devant des peintures rupestres extraordinaires de la « Grotte des bêtes »
Découverte d'une météorite éclatée en plusieurs morceaux
Parfois, il faut changer de voiture pour pouvoir avancer !
Immensité de ces dunes du Désert Libyque qui s'étendent parfois sur des centaines de kilomètres
Louis Carion essayant de récupérer la racine d'une fulgurite
Louis Carion en 2003 devant des peintures rupestres extraordinaires de la « Grotte des bêtes »
Le célèbre sculpteur Michel Audiard en 2003 devant des peintures rupestres extraordinaires de la « Grotte des bêtes »
Peintures rupestres extraordinaires de la « Grotte des bêtes »
Louis Carion découvre la météorite GSS019 (chondrite LL6)
Louis Carion sur ce qui semble être des Shatter Cones dans le plus grand cratère du sud égyptien
Impactite « Verre Libyque » posée sur les « paléosols » du Désert Libyque
Superbe coucher de soleil sur les dunes du Désert Libyque
Les pyramides du Caire dans la brume du petit matin, fascinantes de près comme de loin...!
Bidons abandonnés de la guerre 39-45 : de loin souvent pris pour des météorites...!
Retour au campement le soir après avoir passé la journée le nez rivé par terre. Météorite ou pas météorite ?
Le campement, le soir, au pied des grandes dunes
Un des seuls êtres vivants du Désert Libyque : une eremiaphila (sorte de mante religieuse)
Découverte d'un « champ » de fulgurites, au milieu de la photo : le tube vertical qui continue dans la dune !
Chacun de son côté ça augmente les chances de trouvailles !
Superbe coucher de soleil sur les dunes du Désert Libyque
Collecte la météorite GSS019 (chondrite LL6)
Collecte la météorite GSS019 (chondrite LL6)
Collecte la météorite GSS019 (chondrite LL6)
Alain Carion fait une pause « vidage de chaussure »
Partant en autonomie complète entre 15 jours et trois semaines, heureusement qu'on trouvait un peu de nourriture sur le chemin !
Passage en voiture des grosses dunes du Désert Libyque

Carion Minéraux & médias


Draveil

Le 13H suivi du 20H du journal de France 2 suite à la chute de la météorite de Draveil en juillet 2011.